Pour un oiseau

Après la publication d'Entre-deux. Le petit oiseau qui sortira de la chambre noire, les oiseaux continuent de voler ...


© S. J.

inédit

Balayé par les vents chargés de poussières rouges
Le ciel n'est jamais bleu
et s'étend jusqu'à bas dans les gris et les blancs
Teintés d'ocre et du chant d'un tout petit oiseau

En pays inconnu il n'a pas encore son nom sur le bout de la langue pour le nommer vraiment

Il doit tendre le regard
et les oreilles pour commencer à le connaître

Plus petit que la main, gorge érubescente, vif aussi que le vent, léger et frêle comme imprenable
Plus rapide à s'aller loin des yeux qu'à tendre la main vers la balustrade où il s'est posé un instant
et loin aussitôt parmi le ciel blanc

Il sait un peu plus encore qu'il ne faut pas saisir ce que l'harmattant emporte et dans les airs envole en rafale venant de l'océan
L'amarante du Sénégal
Un mot, un nom, une envolée


Pour un oiseau - dans le ciel de Conakry, quartier Nongo, près du petit port de Kaporo, au-dessus de la mangrove,
le 18.III.07 / Frédéric Mandon